Ecole primaire : « L’histoire : un bourrage de crâne indigeste »

[...] l’histoire à l’école primaire illustre jusqu’à l’absurde les dérives d’un enseignement qui, à force de prescriptions règlementaires, d’exigences en termes de pseudo-savoirs, tourne en réalité à vide.

La liste des repères chronologiques exigés en cycle des approfondissements (CE2, CM1, CM2) donne le vertige, brassant dans un bouillon confus, vide de sens, des faits, des dates, sans rapport entre eux, échelonnés depuis l’homme de Tautavel (il y a 450 000 ans) jusqu’à la création de l’euro (2002) : Tautavel, Lascaux, César et Vercingétorix, Alésia, le baptême de Clovis, le couronnement de Charlemagne, Hugues Capet, Jeanne d’Arc, Gutenberg, Christophe Colomb, François Ier, Henri IV, Richelieu, Louis XIV, Louis XVI, Napoléon, Pasteur, Clémenceau, etc.

Les résultats de cet enseignement, qui nécessite pas moins de 78 heures annuelles, sont inversement proportionnels à ses prétentions : l’accent mis sur la « mémorisation » de ces fameux repères chronologiques n’empêche pas, qu’arrivé en sixième, l’élève, soumis à ce bourrage de crâne indigeste a, de toutes façons, tout oublié. [...]

La réflexion sur les rythmes scolaires n’avancera pas sans une remise en cause fondamentale de ce type de programme construit sur des représentations héritées du passé, dévoreur de temps pour aucun profit.

L’histoire de France peut être sans dommage rayée du cursus scolaire au profit d’un enseignement qui tiendrait compte non seulement des apports de l’historiographie depuis plus d’un siècle mais aussi d’un questionnement sur la finalité de l’histoire pour de jeunes élèves et des pédagogies à mettre en œuvre.

Pour se situer dans le monde d’aujourd’hui, la chevauchée de Jeanne d’Arc ou le baptême de Clovis sont-ils vraiment des « repères » pertinents ?

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Rue89

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