Le mari rêvé des jeunes filles françaises (1913)

Article paru dans le Figaro du 26 février 1913.

Malgré les progrès du féminisme, les jeunes filles modernes rêvent autant que celle d’autrefois au mari que le destin leur réserve. Mais, ce mari, comment doit-il être? Une revue féminine a posé la question à ses jeunes lectrices et le résultat de cette enquête n’est peut-être pas négligeable en 1913 où l’on s’occupe beaucoup des «jeunes gens d’aujourd’hui».

Premièrement, le mari de nos filles ne sera pas petit. Aucune ne veut d’un époux dont la taille n’est pas au moins «au-dessus de la moyenne». Et encore faut-il que cette «taille» soit «élancée».

Autre point délicat: le mari rêvé doit avoir des cheveux et, de préférence, châtains. Malgré la mode, il devra porter la moustache, et la barbe même est réclamée par beaucoup de jeunes filles. Des jolies dents sont indispensables et, presque autant, des yeux à la fois «doux et dominateurs». Quant à des lèvres trop minces ou «pincées» il ne saurait en être question. Mais des traits «accentués» et irréguliers ne sont pas pour déplaire à condition, bien entendu, qu’ils reflèteront des nobles qualités: courage, générosité, patience.

Et ces même jeunes filles qui refusent un mari rasé à l’américaine ne veulent pas d’un fonctionnaire auprès duquel la vie est «étroite» et parfois «vagabonde». Les acteurs, champions de boxe et aviateurs sont également récusés: un Védrines n’aurait quelque chance que s’il joignait à ses performances le talent d’un Pierre Loti. Car elles ont un faible pour les écrivains, les jeunes filles à marier: aussi en accepteraient-elles un pourvu seulement d’une «honnête aisance».

Maintenant, pour ne pas décourager trop de monde, elles ajoutent qu’il n’y a pas de goûts «qui tiennent» si l’amour a d’abord parlé.

Le Figaro

(Merci à kebloman)

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